Le tsunami de ma vie

Ce soir il s’est confié à moi. Il m’a parlé de sa vie, de ses femmes, de son travail et de ses projets… Ce n’est pas nouveau, il me raconte souvent sa vie. Je ne peux donc pas comprendre pourquoi je me sens si mal. Je l’aime toujours. C’est le tsunami de  ma vie. Je m’amuse à le dire sans me rendre compte qu’un tsunami ça fait toujours des dégâts. Et des dégâts, il en a fait dans ma vie. Il a tout ravagé sur son passage…

Tout commence un mois de Mars. Mes yeux innocents d’étudiante se sont attardés sur un jeune slameur lors d’une soirée. Amoureuse des lettres et de la bonne musique, mes oreilles se sont accrochées au texte qu’il  déclamait et mon être vibrait sur la douce et violente mélodie qui l’accompagnait. Un petit mot à mon amie assise à côté de moi et j’ai eu son numéro. J’ai pris mon courage et je l’ai appelé quelques heures plus tard. Une voie calme plutôt accueillant. Nous avons échangé comme deux individus normaux. Rien de spéciale juste une prise de contact et un rendez-vous pour parler littérature, de sa passion pour le slam, des livres, des êtres, des maux…

Premier tête à tête, j’étais enchantée. Il a une étincelle qui s’allume dans ses yeux quand il parle de son art, éloquent, un peu gauche, et ce petit sourire en coin. Il a du charme et un côté rebelle qui transparaît à travers ses gestes et son vocabulaire. Je l’écoutais sans détacher mon regard de ses lèvres. Je buvais ses paroles ensorcelée par ses mots. J’imaginais la douceur de ses lèvres posées sur les miennes… Tout mon bon sens se perdait dans le flot de ses paroles.

Tout allait si vite. Le jour suivant notre rendez-vous il m’offrait un spectacle de slam en live à son domicile. Le pied ! La timide jeune fille en manque de sensations fortes que j’étais en était comblée. La pudeur, j’avais oublié le sens de ce mot. J’en avais appris deux autres : l’abandon et la créativité. Mon amour pour la littérature s’est accru. Mes nuits n’avaient que deux notes bien rythmées. J’embrassais la culture. Festivals, ateliers, danses, théâtres, Je n’en ratais aucun. D’ une si belle manière, il m’a transmise son amour de la chose culturelle.  Les quatre lettres de son prénom rythmaient mes journées. Sans m’en rendre compte, j’étais complètement obnubilée par cet homme. Mars, Avril début Mai, des moments de purs bonheurs et de délires intenses. Passion et culture.

Premier bémol, il doit partir pour trois mois.  Un 13 Mai, il s’en est allé un après midi de dimanche. J’étais anéanti. Sans étreintes, on s’est dit au revoir.

Le lendemain, je reçois un message. « Je suis bien arrivé à destination, je t’appelle plus tard ». Dix minutes au téléphone, l’espoir y est. Je peux l’attendre, trois mois ce n’est pas grand-chose. Entre Skype et Facebook, notre relation se construisait tout doucement. Pas de mots doux, pas d‘étalage de sentiments, tout allait bien.

Un soir, ça cognait tellement fort dans mon cœur, Je dois le lui dire, je ne risque rien, je me lance : « Je crois que je ressens un truc pour toi ». Je n’aurais pas due faire cette déclaration, je le regrette toujours. La réponse est venue toute drue, foudroyante, percutante. La désillusion. «  Qu’est-ce que tu attends de moi ? »  Il m’avait prévenu. La douleur s’est invitée à ma petite fête, les larmes aussi. Des invités indésirables.  Le silence a pris place dans nos conversations. La distance commençait à se faire sentir. Lourde, pesante, impossible à supporter.

Un autre soir, début Août, un message sur mon téléphone : « je te manque toujours autant ? » j’ai failli hurler son nom mais on m’aurait prise pour folle. Je quitte précipitamment la fête où j’étais avec des amis. Je rentre en vitesse me changer et je débarque chez lui. Il était tout serein. Salut ! me dit-il sur un ton neutre. T’es horrible lui ai-je répondu dans un sourire en faisant un grand effort pour paraître neutre aussi. Il n’aime pas les effusions. Une nuit paisible, dans ses bras. Ce n’est plus le même entrain. « C’est la fatigue », me dit-il. J’accuse le coup. Rien ne vaut ce moment passé avec lui pas, question de le gâcher dans des discutions futiles. Je ne trouve pas le sommeil, ça bouillonne en moi. La tête posée sur son torse, je n’ose bouger par peur de le réveiller. Je l’écoute ronfler paisiblement pendant des heures, je ne sais plus à quel moment je me suis endormie. C’est mon homme !

Oui! Savourer un instant de quiétude, oublier qu’il doit repartir encore et encore. Ne pas évoquer mes sentiments pour lui, accepter ce qu’il me donne, ne rien demander de plus, l’aimer en privée, subir son indifférence en public… Oui c’est sa façon de m’aimer. Oui je l’ai accepté et oui j’en voulais plus et NON c’était sa réponse et oui je m’en suis voulu et oui j’en ai souffert, je l’ai détesté… Meurtrie, je m’en suis voulu et l’amour s’en est allé, du moins c’est ce que je croyais mais non « l’amour laisse toujours des empreintes profondes ».

L’aimer fait partie de mon histoire de mon être. Il fait partie de Moi.

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